Son regard et sa voix sublime se projetaient sur l'immense scène de Bab Marrakech, elle couvrait les 450.000 personnes selon les services de police, regroupées, fédérées en fait autour d'un symbole: l'universalité d'une ville devenue désormais le pont culturel.
Le maestro venu du terroir sénégalais redonnait à Essaouira ses lettres de noblesse avec sa voix de messager qui aura chanté l'Afrique dans tous ses états, en français et en wolof, convié le monde à plus de compassion aux douleurs de ses habitants, produit enfin une véritable onde choc.
Ce n'est peut-être pas un hasard si Youssou N'Dour a été programmé pour la clôture de la 8e édition. Il est à la fois celui par qui le festival retrouve ses racines africaines et en même temps un dépositaire de son universalisme.
C'est cette dimension qui désormais imprègne la manifestation annuelle à laquelle participent de nombreux musiciens et des centaines de milliers de mélomanes ou citoyens venus de partout.
Pas moins de 9 scènes aménagées, fonctionnant simultanément, emplies et déroulant leurs spectacles comme un infini tour de sons et de mots, faisant déployer toutes sortes d'instruments, mélangeant les genres et les rythmes. Pendant quatre jours pleins, le souffle n'a jamais ralenti, la course n'a autant précipité les uns et les autres dans le bain populaire et l'ambiance fraternelle.
Entre les concerts sur les grandes scènes, Place Moulay Hassan et Bab Marrakech notamment, les lilates et les concerts acoustiques avec les maâlems Koyou, Hayat Lâarch, Stitou ou Moustaqim, les lilas avec les mâalems Hmida Boussou, Allal Soudani, Makhzouni, Belghiti, Benthami, ou concerts off, c'était une interminable fête de joie et de bonheur, colorée et bigarrée, rythmée et intense.
On se réveille pour replonger aussitôt dans le mouvement de la musique qui vous accompagne sans relâche, partout dans une ville que l'on dirait organisée et aménagée spécialement pour une telle aventure, des grandes ruelles animées aux petits recoins où se concentrent des centaines de personnes, jeunes et moins jeunes, enfants et femmes baignant dans la plénitude d'une joie partagée.
Ce qui ne gâte nullement une fête collective, qui donne du piquant à la musique prise dans son sens cosmopolite, de grands noms se sont joints au festival et joué en fusion extatique avec leurs homologues souiris, marrakchis, en parfaite harmonie.